Safe Ground to Land On
Jelena Prljević

07/06/2019 - 27/07/2019

La Galerie Liusa Wang est fière de présenter « Safe Ground to Land On », l’exposition personnelle de Jelena Prljević présentant ses dessins récents et ses dessins d’animation projetés sur papier. Cette exposition célèbre le dessin comme un moyen mnémotechnique solidarisant à la fois les mécanismes de conservation de la mémoire et ceux de l’oubli. Pour Prljević, dessiner est un moyen de rechercher une base solide, une chose en quoi avoir confiance dans un monde de moins en moins stable. A travers des «dreamscapes» architecturaux et cinématographiques, elle présente une série d’oeuvres intimes où la notion de répétition possède à la fois un pouvoir de guérison et de transformation. 

Prljević appartient à la jeune génération d’artistes serbes façonnée par l'évolution du paysage économique, culturel et national dans le contexte post-yougoslave. Vivant et travaillant actuellement aux Etats-Unis, elle explore le processus intime du déplacement et de la réconciliation. Ses dessins illustrent la création étape par étape d’un microcosme personnel qui lui permet de se sentir ancrée dans des lieux inconnus et souvent de transition - villes rurales séquestrées et environnements urbains frénétiques où les conflits et le timing sont indissociables.

La technique du fusain et de la mine de plomb sur papier est utilisée par l’artiste comme principal médium en raison de sa fluidité et de son immédiateté. Dans ses animations réalisées sur une simple feuille de papier, chaque geste devient un enregistrement du mouvement et du temps. Dessiner de cette manière exige de la concentration et de la présence, en particulier lorsqu’un dessin d’animation possède en moyenne 24 images par seconde. Chaque modification subtile dans l’animation peut recourir entre une à plusieurs centaines de traits par image. Ce processus fait profondément écho aux arts martiaux pratiqués par l'artiste depuis plusieurs années. Elle s’exprime à ce sujet :

« Dans le Wing Chun, j’ai appris qu’un geste devient un réflexe après avoir été répété des centaines de fois. Une expérience auparavant inconnue, différente et stimulante sert de porte d'entrée à un nouvel ensemble de mouvements. Cette relation entre la répétition,  la mémoire et le mouvement entre dans mon travail à travers le processus d’animation. »

Certains dessins deviennent hybrides lorsque l'animation y est projetée, activant ainsi des aspects spécifiques de leurs éléments architecturaux. Le dialogue entre les médiums s'interprète à la fois comme une condition du passé et un éternel commencement. Ce processus met en lumière cette hésitation à faire confiance à la mémoire en raison de la constante intrusion d'images mentales venant du passé dans celles du présent, et inversement. L’éternel recommencement et le traitement de l’histoire font du dessin un lieu de mémoire où le geste sert à habiter un lieu d’abandon.

L’exposition nous révèle des éléments intimes représentés dans des espaces publics, créant ainsi un palimpseste de lieux de mémoire et sites commémoratifs. D’apparence sereines, les compositions monochromatiques forment une expédition à travers les interruptions cognitives et symboliques dans le but de rendre l’étranger familier.  Alors que le spectateur se déplace d’une destination à l’autre, il rencontre de silencieuses clairières, des monuments mystérieux et de vastes entrepôts imprégnés d’introspection et de lumière. Les changements d'échelle transforment les observations intimes en vastes scènes théâtrales où sortir de la lumière signifie sortir du temps, être oublié ou transformé pour toujours.

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Galerie Liusa Wang is proud to present Safe Ground To Land On, a solo exhibition by Jelena Prljević featuring recent drawings and hand-drawn animations projected on paper. This exhibition celebrates drawing as a mnemonic device that interlocks the mechanisms of preservation and erasure. For Prljević, the act of drawing is a search for solid ground, for something to trust, in a world that is increasingly unstable. Featured works are an assembly of private records that summon the transformative and healing power of repetition within architectural and cinematic dreamscapes.

Prljević belongs to the young generation of Serbian artists shaped by the shifting economic, cultural, and national landscape in the Post-Yugoslav context. Currently based in the United States, she explores the intimate processes of displacement and reconciliation. Her drawings depict the step-by-step creation of personal microcosms that enable her to feel grounded in unfamiliar and often transitional places - sequestered rural towns and frenetic urban environments where conflict and timing are inseparable.

The artist uses charcoal and graphite on paper as a primary medium because of its directness and fluidity. Every gesture becomes a record of movement and time in the animations that are created on a single sheet of paper. Drawing in this way demands focus and presence especially when animating an average of 24 frames for a single second. Each subtle change in the animation may require one to hundreds of marks per frame. This process shares deep parallels to martial arts that the artist has been practicing for the past several years. In the artist's words:

“In Wing Chun, I learned that a gesture becomes a reflex after being repeated thousands of times. An experience that previously felt unknown, different, and challenging serves as an opening gate for a new set of movements. This relationship between repetition, memory, and movement enter my work through the animation process.”

Some drawings exist as a hybrid when the animation is projected back onto the original composition activating specific aspects of its architecture. The dialogue between media simultaneously reads as the past condition and as a continuous becoming. This process literally brings to light the hesitation to trust a memory as a document by emphasizing the constant penetration of mental images from the past into present and vice versa. The cyclical re-living and processing of history makes the drawing a memorial ground where the gesture of activation serves to inhabit a place of abandonment.

Creating a palimpsest of sites of memory and memorial sites, the exhibition unfolds the transcription of personal marks into an iconography of public space. The seemingly serene monochromatic compositions are an expedition through cognitive and symbolic interruptions in the attempt to make the foreign familiar. Along the path are encounters with quiet clearings, mysterious monuments, and sprawling warehouses, equally infused with introspection and illumination as the viewer moves from one destination to the next. Shifts in scale turn intimate observations into vast theatrical stages where stepping out of the light means stepping out of time, either to be forgotten or transformed forever.