Still moving
Alice Browne
20/10/2023 - 30/12/2023
Nous avons l'honneur de vous présenter "Still Moving", la deuxième exposition personnelle d'Alice Browne. Cette exposition dévoile une série de dessins récents ainsi qu'une sélection de photographies prises au format 35 mm.
Alice Browne aborde, à travers son œuvre artistique, des thématiques aussi variées que la nature, la technologie et la fantaisie. Sa démarche artistique, ancrée principalement dans la peinture, s'étend habilement vers d'autres disciplines telles que l'installation in situ, la photographie, le dessin et la sculpture. Au cœur de ses créations en deux dimensions, qu'elle qualifie elle-même de "natures mortes de science-fiction", s'épanouit un univers captivant où des objets et des formes colorées interagissent, créant une impression de présence marquée par l'exagération ou une sensation de gravité subtilement atténuée.
Elle exploite l'espace plat de la toile, du papier ou du mur pour sonder les subtilités des interférences entre le tangible et l'imaginaire. Cette approche artistique attire l'attention sur la fragilité de nos sens et la constante redéfinition de l’histoire. Les œuvres exposées mettent en lumière l'intérêt de l'artiste pour la complexité de notre relation avec les signes et les symboles en tant que moyens de communication et d'identité. À partir de l'information visuelle, elle nous invite à réfléchir à la manière dont nous interprétons le monde qui nous entoure au fil de nos déplacements. Nos rues urbaines regorgent non seulement de signes de communication directive (tels que les panneaux "STOP"), mais aussi de graffitis réalisés à la main, de pavés brisés et de fils téléphoniques. Le graffiti "ACAB", audacieusement inscrit dans une rue proche du domicile d'Alice Browne lors des manifestations de Black Lives Matter en 2020, se résume désormais à "AB" - les initiales de l'artiste. La lente détérioration a transformé cet acte de rébellion en quelque chose de banal et familier. Il ne reflète plus les intentions initiales, ni les troubles sociaux liés aux violences policières, toujours d'actualité à Londres en 2023. Alors que les écologistes nous encouragent à prêter attention aux signaux, souvent négligés et difficiles à comprendre, émis par d'autres espèces et des matières organiques comme les arbres et les champignons, il est peut-être temps de reconnaître, depuis n'importe quel moment dans le temps, notre profonde méconnaissance. Inspirés par la réévaluation, entreprise par Graeber et Wengrow(1), des récits traditionnels relatifs aux premières civilisations humaines, nous sommes incités à adopter un degré supérieur d'imagination, même dans le cas de concepts dénués de preuves matérielles, tel que l'art rupestre. Les œuvres présentées se penchent sur les notions de transition et d'inconnu. Quelles implications recèle la mise en circulation d'objets qui échappent à une signification ou à une finalité précises ? Comment pouvons-nous élaborer des contenus qui embrassent les aspects mystérieux de notre compréhension ?
L’artiste crée des œuvres en appliquant plusieurs couches de peinture sur des périodes qui s'étendent sur des semaines, des mois, voire parfois des années. Les peintures, riches en couleurs, captent ainsi l'évolution et les transitions propres à leur processus de création. Elles absorbent des idées et des symboles visuels au fil du temps, demeurant dans un état de constante transformation : s'élevant, chutant, se construisant, se mouvant. En parallèle, les réalisations sur papier d'Alice Browne tirent leur inspiration de références spécifiques, notamment les symboles découverts dans des grottes préhistoriques, l'emblématique "Owl Cave" de la série culte Twin Peaks de David Lynch, tout en explorant des éléments tels que l'architecture urbaine, les écrans d'ordinateur, les voyages spatiaux, et même les chaussures de l’artiste. En plus de ses créations picturales, Alice Browne présente une série de photographies résultant de sa résidence aux studios PADA, situés dans le parc industriel de Barreiro à Lisbonne, au Portugal. Ces photographies mettent en scène des vestiges de déchets industriels juxtaposés à des éléments de la nature, d'une manière singulièrement dépourvue de toute empreinte de la présence humaine. L'artiste affiche un profond intérêt pour l'exploration du potentiel symbolique et symbiotique inhérent à ces nouvelles relations matérielles, transcendant ainsi les contraintes sous-jacentes au progrès et à la productivité qui ont favorisé leur émergence.
1. D. Graeber & D. Wengrow (2021) Au commencement était... : Une nouvelle histoire de l'humanité
Liusa Wang is pleased to present Still Moving, Alice Browne’s second solo exhibition at the gallery. The exhibition includes a series of recent paintings alongside a selection of 35mm photographs.
Browne’s interests lie at the intersection of nature, technology and fantasy. Her practice is predominantly painting-based and expands into site-specific installation, photography, drawing and sculpture. In her 2D works, which she describes as ‘sci-fi still life’, colourful objects and forms wrestle with an exaggerated presence or lack of gravity. She uses the flattened space of the canvas, paper or wall to explore frictions between the realms of the real and imagined, drawing attention to the fallibility of human senses and the continual rewriting of history.
The work for this exhibition focusses on the artists’ interest in the complex relationship we have with signs & symbols as a form of communication and identity. Taking visible information as a starting point, she asks us to consider how we read the world as we pass through it. Our city streets are filled not only with the language of instructive communication ( - STOP - ) but the lines and curves of hand-painted graffiti, broken paving slabs and overhead telephone wires. ‘ACAB’, boldly painted in a street near Browne’s home during the 2020 Black Lives Matter protests now reads ‘AB’ - the artists initials. Gradual deterioration transformed this rebellious gesture into something benign and familiar. It no longer reflects the intentions of the creator, nor the social unrest in regard to police misuse of force still prevalent in London in 2023.
As ecologists encourage us to listen to the overlooked and somewhat inaccessible languages of other species and organic matter such as trees and mushrooms, is it time to accept - from the perspective of any fixed point in time - how much we don’t understand? Inspired by Graeber and Wengrow’s(1) re-evaluation of the existing narratives of early human civilisations, encouraging us to apply greater levels of imagination to things that we have no supporting evidence for (such as cave painting), the works in Still Moving embrace notions of transition and unknowability. What does it mean to put things into circulation that have no fixed meaning and purpose? How can we develop content that accepts our blind-spots?
Creating works in multiple layers of paint over weeks, months or sometimes years, Browne’s richly coloured paintings become a record of their own slippage and transitions. They absorb visual ideas and symbols along the way but remain in a state of becoming: crawling, falling, building, moving. Her works on paper take broad and specific reference points such as symbols found in pre-historic caves and David Lynch’s ‘Owl Cave’ drawing from the cult TV show Twin Peaks, as well as street architecture, computer screens, space travel and the artist’s own shoes.
Alongside the painted works, Browne presents a series of photographs taken in Barreiro Industrial Park and Lisbon Portugal whilst on residency at PADA studios. The photographs display remnants of industrial waste side-by-side snippets of nature, eerily devoid of signs of humanity. Browne is curious to explore the symbolic and symbiotic potential of these new material relationships, beyond the implied pressures of progress and productivity that brought them into being.
1. D. Graeber & D. Wengrow (2021) The Dawn of Everything: A New History of Humanity. London: Penguin